samedi 2 novembre 2013

Comment renforcer la solidarité avec la Palestine en gagnant la sympathie des Juifs

O Havruta O Mituta : Donne-moi l’amitié ou donne-moi la mort (Talmud Taanit, 23a)

Par Guy Izhak Austrian et Ella Goldman

Même si je suis en dés­accord avec ce texte sur cer­tains points, l’essen­tiel est ailleurs. Les auteurs essaient, dans leurs sug­ges­tions, de tenir compte de la men­ta­lité et de la sen­si­bi­lité de leurs inter­lo­cu­teurs, d’avan­cer des argu­ments, de pro­po­ser des atti­tu­des péda­go­giques, etc., dém­arche suf­fi­sam­ment rare dans la « gauche radi­cale » anti­sio­niste pour qu’on la fasse connaître, sur­tout sur une ques­tion qui pro­vo­que autant de polé­miques acer­bes, calom­nia­tri­ces ou fra­tri­ci­des. Y.C.

De nom­breux Juifs amé­ricains haïssent ce que l’armée et le gou­ver­ne­ment israéliens sont en train de faire, ils sou­tien­nent les droits des Palestiniens, ils veu­lent parler haut et fort et agir. Ils ont hâte de se battre pour une cause qu’ils sen­tent très proche de leur judéité, mais, au lieu d’agir, ils épr­ouvent un cer­tain malaise en obser­vant à dis­tance le mou­ve­ment de soli­da­rité avec la Palestine. Certains y ont adhéré puis en sont partis, comme cette Israélo-Américaine qui dém­issi­onna d’un comité ras­sem­blant plu­sieurs médias alter­na­tifs après qu’un mili­tant, de retour de Palestine, l’eut regardée bien en face et lui eut lancé : « Je ne veux pas t’offen­ser mais les Israéliens sont vrai­ment le peuple le plus répugnant que j’aie jamais vu » sans que les autres mem­bres du col­lec­tif présents à cette réunion fas­sent le moin­dre com­men­taire.

Nous sommes deux mili­tants juifs, israélo-amé­ricains. Nous mili­tons à New York dans une orga­ni­sa­tion qui s’appelle JATO (Jews Against the Occupation, Les Juifs contre l’occu­pa­tion) mais nous ne prét­endons pas parler pas en son nom dans cet arti­cle. JATO sou­tient le droit des Palestiniens à l’autodét­er­mi­nation ainsi que le droit au retour des réfugiés pales­ti­niens et veut que cesse l’aide amé­ric­aine à Israël. Nous mili­tons pour la Palestine parce que nous sommes scan­da­lisés et atterrés par les crimes contre l’huma­nité commis en notre nom.

Nous avons décidé d’écrire cet arti­cle parce que le mou­ve­ment de soli­da­rité avec la Palestine en Europe et aux États-Unis nous semble sou­vent mala­droit par rap­port aux Juifs. Nos adver­sai­res poli­ti­ques uti­li­sent toute atti­tude insen­si­ble vis-à-vis des Juifs pour dis­cré­diter notre mou­ve­ment et jus­ti­fier la répr­ession contre les Palestiniens. Cependant notre mou­ve­ment a une chance his­to­ri­que, s’il éla­bore une vision pro­gres­siste, favo­ra­ble à la libé­ration des Juifs, d’accroître considé­rab­lement son influence et ses effec­tifs, de réfuter ses cri­ti­ques et d’aider à mettre un terme à la guerre contre les Palestiniens.

Il est indis­pen­sa­ble d’établir un lien entre la libé­ration des Juifs et celle des Palestiniens, et ce pour plu­sieurs rai­sons. Tout d’abord, parce que l’oppres­sion anti­juive ne nuit pas seu­le­ment aux Juifs. À tra­vers l’his­toire, de manière régulière et pré­vi­sible, les préjugés antisé­mites ont tou­jours été uti­lisés pour briser la rés­ist­ance des peu­ples à l’oppres­sion. Durant les époques de sta­bi­lité rela­tive, les élites diri­gean­tes achètent le sou­tien de quel­ques Juifs en leur offrant des pri­vilèges matériels et des posi­tions publi­ques au pou­voir limité. La plu­part des Juifs ne possèdent ni riches­ses ni pou­voir poli­ti­que, mais il suffit qu’un petit nombre d’entre eux appa­rais­sent comme la face visi­ble d’un système oppres­sif, pour rép­andre l’idée fausse que les Juifs ne sont pas des êtres opprimés. Certains mili­tants d’extrême gauche, qui pen­sent que l’oppres­sion est uni­que­ment un pro­blème éco­no­mique, par­ta­gent cette illu­sion et n’incluent pas les Juifs dans leurs pers­pec­ti­ves pro­gres­sis­tes. Pendant ce temps, les élites nour­ris­sent sub­ti­le­ment des stér­éo­types et des mythes selon les­quels les Juifs contrôleraient le gou­ver­ne­ment, seraient avides d’argent et de pou­voir, etc.

Lorsque le système est menacé par une crise interne ou par la rés­ist­ance popu­laire, les préjugés antisé­mites font dévier la colère et la vio­lence des exploités loin des raci­nes du pro­blème et les diri­gent vers un groupe de boucs émiss­aires : les Juifs. Chaque fois que nous réuss­issons à sur­vi­vre à une nou­velle explo­sion de persé­cutions, nous les Juifs sommes tentés de coopérer à notre propre oppres­sion en accep­tant une fois de plus les quel­ques pri­vilèges tem­po­rai­res que peut nous rap­por­ter une alliance illu­soire avec la classe diri­geante. Et en agis­sant ainsi nous nous iso­lons des autres peu­ples opprimés. Un loca­taire, par exem­ple, peut en venir à haïr son pro­priét­aire juif plutôt que de s’atta­quer aux lois de la ville et de l’État concer­nant le loge­ment, et plus géné­ra­lement au système de la pro­priété privée. Un exem­ple récent de cette dyna­mi­que nous a été fourni lors de la Conférence mon­diale contre le racisme à Durban en 2001. Les États-Unis ne vou­laient pas y par­ti­ci­per parce que tout leur système éco­no­mique est fondé sur le racisme et l’impér­ial­isme que cette confér­ence enten­dait cri­ti­quer. Mais les représ­entants nord-amé­ricains ont déclaré qu’ils n’assis­te­raient pas à la confér­ence parce qu’elle cri­ti­que­rait Israël. Cette mani­pu­la­tion a pro­vo­qué des mani­fes­ta­tions de haine anti­juive à Durban, mani­fes­ta­tions que les médias ont à leur tour uti­lisées pour dis­cré­diter cette confér­ence très impor­tante, ce qui a nui à la cause pales­ti­nienne et à la rés­ist­ance contre l’impér­ial­isme occi­den­tal.

La guerre contre les Palestiniens fonc­tionne sui­vant le même schéma, à une éch­elle inter­na­tio­nale, encore plus extrême. Les puis­san­ces impér­ial­istes ont aidé finan­ciè­rement un peuple trau­ma­tisé par l’Holocauste à colo­ni­ser le Moyen-Orient. Les Juifs israéliens ont béné­ficié de cer­tains avan­ta­ges matériels et ont éprouvé un sen­ti­ment trom­peur de sécurité alors que ce sont sur­tout les intérêts des sociétés amé­ric­aines spéc­ialisées dans le pét­role et les ventes d’armes qui sont en jeu. Israël n’est qu’un petit pion de l’impér­ial­isme amé­ricain à l’éch­elle mon­diale et l’ « aide » amé­ric­aine à Israël ne représ­ente qu’une petite part des dép­enses mili­tai­res amé­ric­aines.

Pendant ce temps, on accuse sur­tout Israël de mani­pu­ler les idées antisé­mites tra­di­tion­nel­les. Les racis­tes pro­pa­gent le mythe que les Juifs contrôleraient le budget et l’État amé­ricains, ce qui déto­ur­nerait des res­sour­ces impor­tan­tes au lieu de satis­faire les besoins de la popu­la­tion amé­ric­aine. Le gou­ver­ne­ment et les grands médias amé­ricains pro­pa­gent le racisme contre les Arabes et contre les autres peu­ples de cou­leur, tout en expri­mant une bruyante sol­li­ci­tude vis-à-vis du sort d’Israël et en dénonçant les préjugés antisé­mites. Ce déséq­ui­libre nous rend, nous les Juifs, extrê­mement visi­bles et pro­vo­que la colère d’autres grou­pes opprimés, ce qui isole notre oppres­sion de la leur.

En l’absence d’une voix forte, pro­gres­siste et cons­tante, qui pro­teste contre leur oppres­sion, de nom­breux Juifs com­met­tent l’erreur de lutter pour leur libé­ration sans cher­cher à avoir des alliés et sans se pré­oc­cuper d’autres oppres­sions. D’un autre côté, les Juifs qui mili­tent dans des mou­ve­ments pro­gres­sis­tes sont sou­vent sommés de s’assi­mi­ler, de « ne pas pren­dre trop de place », lors­que d’autres luttes sem­blent beau­coup plus urgen­tes. En réalité, les mou­ve­ments sociaux ont assez de place pour lutter ensem­ble contre toutes les oppres­sions. Nous, les Juifs, nous avons besoin d’alliés pro­gres­sis­tes qui lut­tent avec nous, pour notre libé­ration. Et lors­que nous lut­tons en soli­da­rité avec d’autres grou­pes, nous avons besoin que nos alliés nous encou­ra­gent à être fier de nos iden­tités juives.

Treize conseils aux non-Juifs...

1. L’antisé­mit­isme est présent par­tout. Inutile de prét­endre que le mou­ve­ment de soli­da­rité avec la Palestine en est exempt. L’antisé­mit­isme avançant sou­vent masqué, reje­ter ce type d’accu­sa­tions ne fait que les ren­for­cer. Il est plus effi­cace d’écouter patiem­ment ces cri­ti­ques, de les ana­ly­ser, même si elles vien­nent de la droite. Un Juif ne se sen­tira jamais ras­suré si vous conten­tez de lui affir­mer : « Je ne suis pas antisé­mite. » Dites plutôt : « Je sais que l’antisé­mit­isme existe et je veux le com­bat­tre. »

2. Lorsque quelqu’un com­mence à tenir des propos antisé­mites, coupez-lui la parole imméd­ia­tement. Lorsque des non-Juifs s’oppo­sent à des atta­ques contre des Juifs, comme par exem­ple une svas­tika sur un pan­neau dans une manif, ce type de geste se grave dans notre tête et pro­meut la confiance et la soli­da­rité entre Juifs et non-Juifs.

3. Lorsque des Juifs essaient d’expri­mer com­ment ils vivent l’antisé­mit­isme et l’oppres­sion sous des formes qui parais­sent plutôt invi­si­bles aux non-Juifs, ne réag­issez de façon pon­ti­fiante. Ne nous expli­quez pas que le concept d’antisé­mit­isme évacue le racisme contre les Arabes, ne nous infli­gez pas un grand dis­cours sur la façon dont le thème de l’Holocauste est mani­pulé poli­ti­que­ment et ne nous rap­pe­lez pas à chaque fois que nous n’avons pas été et ne sommes pas les seules vic­ti­mes de la guerre et de l’oppres­sion. Éco­utez-nous lors­que nous par­lons de notre souf­france, sachez apprécier notre confiance. Choisissez le bon moment et les termes appro­priés pour expri­mer vos opi­nions sur les thèmes évoqués ci-dessus.

4. Soyons clairs, le conflit Israël/Palestine concerne et ne concerne pas l’Holocauste. Ceux qui prét­endent que l’Holocauste n’a rien à voir avec la Palestine sont sou­vent ceux qui ensuite ins­cri­vent des svas­ti­kas sur des pan­car­tes anti-Sharon. Personne n’a vrai­ment dépassé ce trau­ma­tisme, et c’est pour­quoi nous avons tous du mal à com­pren­dre le présent sans être enva­his par le passé. Nous, les Juifs, ne vous disons pas : « N’en parlez pas » mais plutôt : « Ne considérez pas l’Holocauste comme un pro­blème d’intérêt pure­ment théo­rique ou ana­ly­ti­que. Et n’insi­nuez pas que, depuis le temps, nous aurions dû avoir dépassé ce trau­ma­tisme. »

5. Ne trai­tez pas les Juifs qui sou­tien­nent le mou­ve­ment de libé­ration des Palestiniens comme de « bons Juifs ». Cette atti­tude pater­na­liste impli­que que la culture juive serait glo­ba­le­ment réacti­onn­aire et donne l’impres­sion que nous serions en train de trahir notre peuple. Comme toutes les cultu­res, les cultu­res juives sont fas­ci­nan­tes et com­plexes, et ne sont pas épargnées par toutes sortes d’idées irra­tion­nel­les qui déc­oulent de l’oppres­sion. Le mou­ve­ment de soli­da­rité avec la Palestine ne pour­rait que se dével­opper davan­tage s’il mon­trait du res­pect et de l’atten­tion pour les cultu­res juives. Les Juifs ne sont pas auto­ma­ti­que­ment réacti­onn­aires lorsqu’ils cher­chent à trou­ver un sens à leurs lan­gues, leurs cou­tu­mes, leurs litté­ra­tures, à l’étoile de David ou à d’autres sym­bo­les. De plus, le fait d’être athée ou de cri­ti­quer la reli­gion ne doit pas mener à mép­riser le judaïsme ; notre judéité est jus­te­ment l’un des fac­teurs qui pousse nombre d’entre nous à com­bat­tre pour la jus­tice.

6. En tant que mili­tants pour la Palestine, nous cri­ti­quons sou­vent la façon dont l’État d’Israël a uti­lisé la judéité pour jus­ti­fier son exis­tence légale. Mais c’est une erreur de cri­ti­quer cette poli­ti­que en niant l’exis­tence d’une iden­tité juive. Certes les iden­tités juives com­bi­nent différ­entes cultu­res, eth­nies, lan­gues et tra­di­tions reli­gieu­ses, mais toutes ces iden­tités sont légi­ti­mement juives. Nous, les Juifs, nous avons le droit de sentir que nous cons­ti­tuons un peuple et nous avons besoin d’enten­dre nos alliés nous dire qu’ils sou­hai­tent que la judéité puisse s’épanouir dans des sociétés mul­ti­cultu­rel­les, démoc­ra­tiques et justes.

7. N’oubliez pas que la plu­part des Juifs qui s’oppo­sent à l’occu­pa­tion israéli­enne sont des sio­nis­tes, c’est-à-dire qu’ils croient qu’un État-nation juif est essen­tiel à la sécurité et à la survie des Juifs. Vous pouvez être en dés­accord avec eux (comme nous le sommes), mais votre cri­ti­que du sio­nisme sera bien plus effi­cace si vous mon­trez que vous com­pre­nez pour­quoi le sio­nisme a un tel impact émoti­onnel pour les Juifs. Par exem­ple, l’expres­sion « sio­nisme = racisme » nous semble juste à nous mili­tants pour la Palestine. Mais cette for­mule simple impli­que que le seul motif des Juifs venus habi­ter en Israël/Palestine aurait été d’oppri­mer les Palestiniens, alors qu’en fait il s’agis­sait pour eux d’une ques­tion de survie. Les sur­vi­vants de l’Holocauste, ceux qui atten­daient dans les camps de per­son­nes déplacées en 1945, ne connais­saient pas les let­tres et les jour­naux per­son­nels des diri­geants sio­nis­tes, docu­ments dans les­quels ils déc­rivaient leurs inten­tions colo­nia­lis­tes en termes fran­che­ment racis­tes. Lorsque nous cri­ti­quons le sio­nisme, nous devrions tou­jours offrir une vision alter­na­tive et radi­cale de la libé­ration juive, dans laquelle les Juifs pour­ront vivre en paix, être traités comme des citoyens nor­maux, dans tous les pays du monde.

8. Il est peut-être utile de rap­pe­ler que le mot « Israël » n’a pas été inventé par Theodor Herzl à la fin du XIXe siècle. Israël, qui signi­fie en hébreu « la lutte avec Dieu », est un mot qu’uti­li­sent les Juifs pour se déc­rire eux-mêmes depuis trois mille ans. Si nous cri­ti­quons les États-nations et lut­tons pour mettre fin à l’occu­pa­tion, nous devons com­pren­dre que des mots comme « anti-Israël » ou des auto­col­lants « apar­theid IS-REAL » (jeu de mots en anglais sur « l’apar­theid est réel/ l’apar­theid en Israël », NdT) son­nent comme une atta­que per­son­nelle pour de nom­breux Juifs. De plus, bien avant l’appa­ri­tion du sio­nisme, le concept de la « terre d’Israël » a été un élément cons­tant de notre cons­cience à tra­vers l’his­toire. Une appro­che réal­iste de l’avenir de la Palestine doit tenir compte de la per­ma­nence de cet élément dans le rap­port des Juifs à la terre d’Israël, même si ce rap­port ne peut être exclu­sif.

9. Nous devons reconnaître que la gauche radi­cale israéli­enne est un élément essen­tiel de notre mou­ve­ment, la sou­te­nir et lui deman­der son avis. Mépriser les Israéliens ne conduit qu’à l’antisé­mit­isme et à des posi­tions poli­ti­ques néf­astes.

10. Recueillez des infor­ma­tions sur la libé­ration des Juifs auprès de Juifs qui com­pren­nent bien cette ques­tion. Un Juif qui affirme que la libé­ration des Juifs ne le concerne pas ne devrait pas être invité dans le cadre d’une dis­cus­sion sur Israël/Palestine pour servir de faire-valoir aux par­ti­sans de la Palestine. Entraidez-vous mutuel­le­ment pour acquérir des connais­san­ces afin de deve­nir des alliés dans le combat pour la libé­ration des Juifs. Organisez des dis­cus­sions, des grou­pes de tra­vail, des évé­nements cultu­rels et écrivez des arti­cles comme celui-ci. Ne lais­sez pas les Juifs se trans­for­mer en spéc­ial­istes de ces ques­tions.

11. Essayez de vous sou­ve­nir de tout ce que vous avez entendu dire sur les Juifs. Analysez toutes les idées et les sen­ti­ments déc­rivant de façon néga­tive les atti­tu­des des Juifs vis-à-vis des non-Juifs. Faites-nous part de vos réflexions pour que nous y réflé­chissions ensem­ble, pas pour vous déf­ouler.

12. Chacun intér­io­rise l’oppres­sion dont il est vic­time : tout peuple opprimé en arrive à croire en des men­son­ges sur sa propre his­toire ; il repro­duit même sou­vent des stér­éo­types négat­ifs et les ren­force. Posez des ques­tions aux Juifs qui expri­ment leur colère ou leur mépris vis-à-vis d’autres Juifs. Encouragez-nous à être fiers d’être Juifs et de notre culture. Et si vous avez envie de faire l’éloge des qua­lités phy­si­ques ou mora­les des Juifs, sur­tout ne vous gênez pas. Vous n’en ferez jamais trop.

13. Rappelez-vous que les Juifs peu­vent enten­dre toutes vos cri­ti­ques à propos d’Israël s’ils sont per­suadés que vous vous intér­essez à eux et à leur sécurité. Il ne suffit pas de veiller à ne pas dire n’importe quoi. Essayez de faire sentir à vos inter­lo­cu­teurs que vous vous battez aussi pour la libé­ration des Juifs.

…Et deux conseils aux Juifs

1. Souvenez-vous que la libé­ration des Juifs fait partie des objec­tifs des mou­ve­ments pro­gres­sis­tes. Vous tenir à l’écart ne fera que ralen­tir toutes les autres luttes de libé­ration. Alors sortez de votre ano­ny­mat et de votre silence ! Et rap­pe­lez-vous que chacun a sa manière de vivre sa judéité au grand jour. Rien n’est « trop juif » ou « pas assez juif ». Sachez que vous êtes tous de bons Juifs.

2. Ne tombez pas dans le piège de l’iso­le­ment. Ne limi­tez pas vos dis­cus­sions sur la libé­ration des Juifs aux seuls Juifs. Cherchez des alliés. Partez tou­jours de l’hypo­thèse que nos cama­ra­des non juifs veu­lent acquérir des connais­san­ces utiles pour agir dans la bonne direc­tion et de façon effi­cace. Et liez tou­jours votre combat pour la libé­ration des Juifs à celui de la libé­ration des Palestiniens et à la lutte pour mettre un terme à toutes les oppres­sions.

Chaque fois que nous expri­mons notre intérêt pour les com­mu­nautés juives, nous mili­tons contre notre oppres­sion. Le combat pour la libé­ration des Juifs trans­for­mera et fera avan­cer le mou­ve­ment pour la libé­ration des Palestiniens, d’une façon incom­men­su­ra­ble et que nous avons aujourd’hui du mal à ima­gi­ner.

Guy Izhak Austrian et Ella Goldman

Lectures conseillées :

Michael Lerner, The Socialism of Fools : Anti-Semitism on the Left (Le socia­lisme des imbé­ciles : l’antisé­mit­isme dans la gauche)

Elly Bulkin, Minnie Bruce Pratt, and Barbara Smith, Yours in Struggle : Three Feminist Perspectives on Anti-Semitism and Racism (Trois ana­ly­ses fémin­istes de l’antisé­mit­isme et du racisme)

Merci à Sara Marcus pour son aide, et merci à tous ceux qui nous ont encou­ragé, fourni des infor­ma­tions et apporté des cri­ti­ques pour rédiger cet arti­cle.

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