lundi 24 juin 2013

Nicolas Barto : L’altermondialisme d’Etat

Cet article estextrait du site INFOZONEsamizdat.net (N’ayant pas réussi à contacter l’auteur j’espère qu’il ne m’en voudra pas de reproduire ici son texte qui met le doigt là où ça fait mal. Y.C.)

L’alter­mon­dia­lisme d’État

La guerre éco­no­mique a pour corol­laire une guerre du sens (*1). Chaque État dével­oppe, sui­vant ses moyens et avec plus ou moins de succès, sa propre stratégie idéo­lo­gique. L’État français, qui sait déf­endre et mener une poli­ti­que néoli­bérale lors­que cela sert les intérêts de sa classe diri­geante, joue en même temps, et pour les mêmes rai­sons, la carte de l’alter­mon­dia­lisme. Il est à priori sur­pre­nant de cons­ta­ter l’impor­tance de la rhé­to­rique alter­mon­dia­liste dans le dis­cours ins­ti­tu­tion­nel français : déc­la­rations pré­sid­enti­elles, rap­ports offi­ciels, prises de posi­tion de hauts fonc­tion­nai­res, etc. Or, ce qui cons­ti­tue un véri­table alter­mon­dia­lisme d’État n’est pas une opé­ration de récu­pération ano­dine. Il est partie intégr­ante de la diplo­ma­tie d’influence au ser­vice de l’impér­ial­isme français et européen.

Agir sur les opi­nions La « diplo­ma­tie d’influence » est une des attri­bu­tions de la Direction géné­rale de la coopé­ration inter­na­tio­nale et du dével­op­pement (DGCID). Dans le rap­port d’acti­vité 2000 de cette ins­ti­tu­tion, Bruno Delaye, direc­teur de la coopé­ration scien­ti­fi­que et ancien chef de la cel­lule afri­caine de l’Élysée (1992-1995) (*2), écrit : « Dans un monde qui se glo­ba­lise, les vic­toi­res ne sont plus celles des armées ni celles des idéo­logies, mais celles des idées et des valeurs. (…) La mise en place des néc­ess­aires régu­lations de la glo­ba­li­sa­tion, l’indis­pen­sa­ble adop­tion de règles de vie com­mu­nes sur la planète, sont deve­nues l’enjeu majeur de notre action extéri­eure. Mais pour faire valoir nos idées, il nous faut aupa­ra­vant gagner les opi­nions publi­ques des nations du Nord et du Sud. Ici inter­vient le rôle straté­gique de la DGCID : elle met au ser­vice de notre diplo­ma­tie les outils qui doi­vent nous per­met­tre de faire par­ta­ger nos valeurs. (…) sachons que notre mes­sage intér­esse et intér­es­sera chaque jour davan­tage s’il offre les moyens intel­lec­tuels et poli­ti­ques de maît­riser la mon­dia­li­sa­tion, dans un cadre ration­nel, huma­niste et uni­ver­sa­liste. Face à une mon­dia­li­sa­tion incontrôlée et aux réactions de repli iden­ti­taire, eth­ni­que ou reli­gieux qu’elle peut pro­vo­quer, la voix de la France est atten­due. »

Les rap­ports sui­vants pour­sui­vent dans la même veine. Le rap­port 2002 affirme ainsi que « l’objec­tif de maît­rise et d’huma­ni­sa­tion de la mon­dia­li­sa­tion » fait partie « des grands objec­tifs de la poli­ti­que étrangère de la France ». La DGCID sou­li­gne aussi la néc­essité « d’asso­cier l’ensem­ble de la société franç­aise à l’effort de soli­da­rité inter­na­tio­nale » et évoque son sou­tien à la « coopé­ration non gou­ver­ne­men­tale ».

L’objec­tif d’influen­cer les opi­nions, en France et à l’étr­anger, est clai­re­ment reven­di­qué. Pour ce faire, il n’est pas inu­tile de dis­po­ser de leviers au sein de la société civile. La diplo­ma­tie franç­aise a sub­ven­tionné le Forum mon­dial de Porto Alegre. Le Monde diplo­ma­ti­que, le média inter­na­tio­nal à l’ori­gine de l’asso­cia­tion ATTAC, co-orga­ni­sa­teur de ce sommet, est lui aussi nourri de sub­ven­tions par le biais du « fonds d’aide à l’expan­sion de la presse franç­aise à l’étr­anger ». Le rap­port 2002 de la DGCID nous apprend éga­lement que « la DGCID a aidé les col­lec­tifs afri­cains à se mobi­li­ser et à par­ti­ci­per aux gran­des ren­contres inter­na­tio­na­les telles que le Forum social mon­dial de Porto Alegre ». Au cours du procès ELF, Loïc Le Floch-Prigent a déclaré que « M. Bongo finançait son oppo­si­tion. C’était sa manière à lui d’avoir un pays calme. » La diplo­ma­tie franç­aise fait, à l’éch­elle du conti­nent, ce que fait Bongo au Gabon. En effet, le Forum social afri­cain, éma­nation du Forum de Porto Alegre, a été lar­ge­ment financé par la coopé­ration franç­aise (*3). Dans un arti­cle publié par Marchés tro­pi­caux et médit­erranéens, Comi Toulabor note que « Les FSA s’attel­lent aujourd’hui à des cibles indo­lo­res et peu concrètes pour le commun des afri­cains, tels que le néoli­bér­alisme, la Banque mon­diale, le Nouveau par­te­na­riat pour le dével­op­pement de l’Afrique (NEPAD), avec pour objec­tif de faire appa­raître les États afri­cains comme des vic­ti­mes de la mon­dia­li­sa­tion.

Le jour où ils abor­de­ront des ques­tions rele­vant de la quo­ti­dien­neté des popu­la­tions afri­cai­nes, qui seront d’une extrême sen­si­bi­lité pour les pou­voirs afri­cains, le jour où ils mani­fes­te­ront dans la rue pour se faire enten­dre, il est clair qu’ils ne trou­ve­ront plus un pays d’accueil sur le conti­nent et il n’y aura plus de société civile pana­fri­caine. Pour exis­ter réel­lement, les orga­ni­sa­tions de la société civile devraient cesser de bras­ser le vide et l’impuis­sance comme les États savent le faire. A moins que les unes ne soient que le reflet des autres (*4). Il est clair que la dén­onc­iation des ins­ti­tu­tions de Bretton Woods, aussi jus­ti­fiée soit-elle, fait diver­sion vis-à-vis des maîtres (les poli­ti­ciens locaux) et des exploi­teurs directs (les filia­les des mul­ti­na­tio­na­les occi­den­ta­les, fréqu­emment franç­aises). Il faut aussi obser­ver que dans bien des situa­tions, elle sert direc­te­ment les intérêts français. L’État français ne se contente pas de sub­ven­tion­ner ces forums sociaux. Il a éga­lement financé, à hau­teur de un mil­lion d’euros, le contre-sommet du G8 d’Évian, en mai 2003. Un arti­cle paru dans La Tribune note que l’État français, orga­ni­sa­teur de ce G8, a retenu des thèmes qui « s’ins­pi­rent lar­ge­ment des pré­oc­cu­pations du mou­ve­ment alter­mon­dia­li­sa­tion » : maît­rise de la mon­dia­li­sa­tion, prév­ention des crises finan­cières, devoir de soli­da­rité notam­ment à l’égard de l’Afrique ». Le même arti­cle rap­porte les propos du chevè­nem­ent­iste Bernard Cassen : « le gou­ver­ne­ment sur ordre de Jacques Chirac, fait le maxi­mum pour faci­li­ter l’orga­ni­sa­tion et les mani­fes­ta­tions du contre-sommet ». Dans le contexte de la guerre d’Irak et du conflit ouvert entre la France et les États-Unis, le mou­ve­ment « alter­mon­dia­li­sa­tion », marqué par la dén­onc­iation de « l’Empire », était sans doute bien­ve­nue.

La notion « d’Empire », au sin­gu­lier, évacue l’exis­tence et la cri­ti­que des impér­ial­ismes rivaux. Parmi les nom­breu­ses publi­ca­tions repre­nant la notion, signa­lons La France contre l’Empire de Pascal Boniface. Directeur de l’Institut des rela­tions inter­na­tio­na­les et straté­giques (IRIS), Pascal Boniface est che­va­lier de l’Ordre natio­nal du mérite, ancien membre du Haut Conseil de la coopé­ration inter­na­tio­nale (HCCI), ancien direc­teur de l’Institut natio­nal de déf­ense et ancien adjoint du conseiller diplo­ma­ti­que au cabi­net de Jean-Pierre Chevènement (minis­tre de la Défense). L’objec­tif de l’IRIS est de « mettre l’exper­tise au ser­vice de la péda­gogie et d’aider l’opi­nion publi­que à s’intér­esser à l’actua­lité inter­na­tio­nale pour mieux la com­pren­dre ». Parmi les mem­bres du conseil d’admi­nis­tra­tion de l’IRIS figu­rent des poli­ti­ciens de droite et de gauche, des hauts fonc­tion­nai­res, un représ­entant de Vivendi ainsi qu’un représ­entant du mar­chand de canon EADS. Autant de per­son­na­ges que la dén­onc­iation de « L’Empire » ne dér­ange pro­ba­ble­ment pas.

Le 31 octo­bre 2001, le député Alain Barrau orga­nisa à l’Assemblée natio­nale un col­lo­que sous le haut patro­nage de Raymond Forni, alors pré­sident de l’Assemblée, sur le thème de « l’Union europé­enne face à la mon­dia­li­sa­tion ». Il fit cette déc­la­ration : « Les Français et leurs représ­entants doi­vent conti­nuer à tra­vailler ensem­ble pour faire adve­nir cette mon­dia­li­sa­tion maîtrisée que nous appe­lons tous de nos vœux. Car nous pen­sons tous que le monde n’est pas une mar­chan­dise ». Les exem­ples de cet alter­mon­dia­lisme d’État pour­raient être mul­ti­pliés. Afin que cette rhé­to­rique au ser­vice de la diplo­ma­tie d’influence soit effi­cace, l’État français se devait de lui donner un mini­mum de contenu. Au mois de sep­tem­bre 2002, cette ques­tion de l’influence franç­aise était le thème de la confér­ence du Haut Conseil de la coopé­ration inter­na­tio­nale (HCCI). Cette confér­ence mit en avant « la néc­essité d’acti­ver les réseaux uni­ver­si­tai­res et asso­cia­tifs » : « der­nière révo­lution à enga­ger : celle des concepts. Une bataille d’influence pour laquelle la France doit s’enga­ger en acti­vant ses réseaux au coeur des cen­tres de recher­che, des uni­ver­sités, des ONG (*5) ». La néc­essité de dével­opper des « concepts » dans la bataille d’influence inter­na­tio­nale expli­que sans doute l’étr­ange simi­li­tude entre les posi­tions d ATTAC et celles de l’État français.

Les concepts

L’inter­ven­tion de Jean-Louis Bianco, pré­sident du HCCI, lors du débat sui­vant l’audi­tion de Charles Josselin à l’Assemblée natio­nale en avril 2000, est mar­quée par la reprise des thèmes majeurs de l’alter­mon­dia­lisme, à savoir la dén­onc­iation de la mon­dia­li­sa­tion et de la poli­ti­que du FMI. Bianco expli­que l’absence de dével­op­pement dans la plu­part des pays afri­cains par trois rai­sons : « la mon­dia­li­sa­tion qui pro­duit tou­jours plus d’iné­galités ; les effets dés­ta­bi­lisants, voire dra­ma­ti­ques des poli­ti­ques d’ajus­te­ment struc­tu­rel condui­tes sous la direc­tion du FMI ; le caractère mal ajusté, mal coor­donné et peu effi­cace des poli­ti­ques inter­na­tio­na­les de coopé­ration (6) ». L’expli­ca­tion, juste mais aussi très par­tielle, prés­ente l’avan­tage d’occulter la res­pon­sa­bi­lité de l’impér­ial­isme français. Car stig­ma­ti­ser la mon­dia­li­sa­tion et le FMI, c’est oublier les mécan­ismes fon­da­men­taux de la domi­na­tion néo­co­lon­iale qui ont contraints les États afri­cains à accep­ter les plans d’ajus­te­ments struc­tu­rels. Il faut le rap­pe­ler, l’inter­ven­tion néf­aste du FMI rés­ulte des dif­fi­cultés éco­no­miques de ces pays, qui sont donc antéri­eures à cette inter­ven­tion. Le rap­por­teur de l’allo­cu­tion de Jean-Louis Bianco indi­que que le pré­sident du HCCI a estimé que, en ce moment, où l’idée de régu­lation du système mon­dial perce et où la société civile se mobi­lise, la remise en cause des orien­ta­tions du FMI ne doit pas demeu­rer pure­ment ver­bale.

Les idées que défend la France depuis long­temps peu­vent aujourd’hui gagner, à condi­tion que notre pays sache être présent, affi­cher ses prio­rités et les tra­duire en acte. La remise en cause des orien­ta­tions du FMI ferait donc partie « des idées que défend la France depuis long­temps ». En ce qui concerne « les sour­ces inno­van­tes de finan­ce­ment » de la coopé­ration, l’ins­tau­ra­tion de taxes inter­na­tio­na­les est « une solu­tion sou­te­nue par la France (*7) ». En 2001, Jean-Louis Bianco, pré­sident du HCCI et Jean-Michel Séverino, direc­teur général de l’Agence franç­aise de dével­op­pement, publient un texte inti­tulé : « Globalisation, gou­ver­nance, dével­op­pement, un autre monde est pos­si­ble. » Ces per­son­na­ges, qui jouent un rôle non nég­lig­eable dans le dis­po­si­tif ins­ti­tu­tion­nel français, y déf­endent la mise en place de la taxe Tobin, qui serait selon eux, « la mesure la plus per­ti­nente (*8) » pour réguler les mar­chés finan­ciers. Les auteurs perç­oivent les obs­ta­cles à son appli­ca­tion mais « déf­endent néanmoins le sym­bole que pro­cu­re­rait la taxe Tobin ». Ils expo­sent éga­lement « les amél­io­rations qu’ils esti­ment néc­ess­aires d’appor­ter au FMI et à la Banque mon­diale, à com­men­cer par une réf­orme des droits de vote ». La mise en place de taxes inter­na­tio­na­les a été déf­endue par Olivier Giscard d’Estaing, vice-pré­sident de la sec­tion franç­aise la Ligue europé­enne de coopé­ration éco­no­mique (*9) (LECE).

Le rap­port d’acti­vité 2002 de la DGCID évoque lui aussi l’ins­tau­ra­tion d’une taxa­tion inter­na­tio­nale : « les auto­rités franç­aises mènent une réflexion sur la pos­si­bi­lité de mettre en place une taxa­tion inter­na­tio­nale. A Johannesburg, le pré­sident de la République a ainsi évoqué le néc­ess­aire pré­lè­vement de soli­da­rité sur les riches­ses considé­rables engen­drées par la mon­dia­li­sa­tion ». Mais la diplo­ma­tie franç­aise a d’autres « concepts » alter­mon­dia­lis­tes dans sa besace. Toujours selon le rap­port de la DGCID, elle pro­pose aussi la création d’une « orga­ni­sa­tion mon­diale de l’envi­ron­ne­ment ». Celle-ci pour­rait « donner une impul­sion à la néc­ess­aire révo­lution des modes de pro­duc­tion et de consom­ma­tion que le pré­sident de la République a appelé de ses vœux au sommet de Johannesburg en 2002 ». Le dis­cours de Johannesburg était cer­tai­ne­ment à usage externe. Mais tout de même, Chirac révo­luti­onn­aire, il fal­lait oser. Peut-être va t-il bientôt nous faire le sketch mit­ter­ran­dien de la rup­ture avec le capi­ta­lisme ? Le rap­port de la DGCID pour­suit : « La prise en compte envi­ron­ne­men­tale a conduit la France à faire sienne la notion de dével­op­pement dura­ble. » Sans doute une allu­sion aux choix éner­gétiques français. Ce dis­cours illu­soire est cer­tai­ne­ment très utile pour, selon les termes de la DGCID, « gagner les opi­nions publi­ques des nations du Nord et du Sud ». Il est pour­tant insensé d’en atten­dre une trans­for­ma­tion éco­no­mique et sociale véri­table. L’alter­mon­dia­lisme d’État trans­pa­raît dans de nom­breux docu­ments offi­ciels. Il est éga­lement présent sous le masque de l’impér­ial­isme que cons­ti­tue la fran­co­pho­nie.

La fran­co­pho­nie dans l’autre mon­dia­li­sa­tion

Le livre de Serge Arnaud, Michel Guillou et Albert Salon inti­tulé Les Défis de la fran­co­pho­nie. Pour une mon­dia­li­sa­tion huma­niste, pour­rait, de par la per­son­na­lité de ses auteurs, de hauts fonc­tion­nai­res au ministère de la Coopération, nous appor­ter quel­ques indi­ca­tions sur les espér­ances de l’État français en matière de fran­co­pho­nie et de mon­dia­li­sa­tion. Selon les infor­ma­tions du Who’s who in France, Serge Arnaud a été chef de ser­vice au ministère de la Défense (1989-1993), conseiller tech­ni­que au cabi­net de Jacques Toubon (minis­tre de la Culture et de la Francophonie), direc­teur du dével­op­pement au ministère de la Coopération (1996-1998) et secrét­aire inter­mi­nistériel pour l’océan indien. Son confrère Albert Salon est minis­tre plé­ni­pot­enti­aire, ancien ambas­sa­deur, ancien direc­teur- adjoint au ministère de la Coopération, chargé de la fran­co­pho­nie. Quant à Michel Guillou, présenté comme « foc­car­tien » par François-Xavier Verschave (*10), il a été chef du dép­ar­tement de l’ensei­gne­ment supérieur et de la recher­che au ministère de la Coopération, direc­teur général (1991-2000) de l’asso­cia­tion des uni­ver­sités par­tiel­le­ment ou entiè­rement de langue franç­aise (Aupelf), délégué natio­nal du RPR chargé de la coopé­ration (1985-1986), chargé de mis­sion auprès de Michel Aurillac (1986-1988). Ces trois pas­sionnés de langue pren­nent soin de pré­ciser que « La fran­co­pho­nie n’est pas un succédané d’empire mais une idée, un espoir, un projet » (p.51).

Ils esti­ment qu’ « une autre mon­dia­li­sa­tion est pos­si­ble » et se deman­dent « com­ment cons­truire la fran­co­pho­nie pour qu’elle en soit le moteur » (p.141). Une des pistes avancée est l’action auprès du monde asso­cia­tif : « Un monde asso­cia­tif fort et de gran­des ONG fran­co­pho­nes sont plus que jamais néc­ess­aires à la fran­co­pho­nie […] à la fois pour ins­pi­rer et sti­mu­ler les ins­ti­tu­tions gou­ver­ne­men­ta­les de la fran­co­pho­nie et pour accom­pa­gner voire relayer leur action de coopé­ration » (p.157). Évoquant l’action des ins­ti­tu­tions inter­na­tio­na­les, ces grands inter­na­tio­na­lis­tes n’hésitent pas à affir­mer que « dans un cer­tain sens, il s’agit d’une nou­velle forme de colo­ni­sa­tion » (p.89). Leur livre, très hos­tile aux États-Unis, laisse pres­sen­tir l’impor­tance des riva­lités inter-impér­ial­istes : « La glo­ba­li­sa­tion, c’est-à-dire la mon­dia­li­sa­tion libé­rale, est un phénomène amé­ricain. […] Elle conduit à une exploi­ta­tion très dure, sans conces­sion. Elle exclut le Sud et laisse les pays pau­vres, ceux d’Afrique en par­ti­cu­lier, sur le bord du chemin.Ce vaste pro­ces­sus de glo­ba­li­sa­tion permet aux États-Unis de rayon­ner sur l’ensem­ble de la planète. […] Les États-Unis s’oppo­sent à une forme europé­enne d’uni­ver­sa­lisme fondé sur un libé­ral­isme éthique et social. L’uni­ver­sa­lisme amé­ricain se révèle hégé­mo­nique voire tota­li­taire, en ce sens qu’il ne peut être atteint que si tout le monde l’adopte, alors que l’uni­ver­sa­lisme venu du mes­sia­nisme catho­li­que est un uni­ver­sa­lisme de syn­thèse qui recher­che l’unité dans l’apport des différ­ences. » (p.46).

Voilà com­ment les auteurs ten­tent de donner un contenu idéo­lo­gique à ce qui n’est très pro­ba­ble­ment qu’une ques­tion d’intérêts et de rap­port de force. L’impor­tant est de faire rêver : « Il faut sup­pri­mer la pri­mauté de l‚éco­no­mique sur l’humain, le poli­ti­que, la culture.[…]La fran­co­pho­nie est une autre mon­dia­li­sa­tion. Voilà pour­quoi il est néc­ess­aire de placer face au rêve amé­ricain le rêve fran­co­phone » (p.50). La fran­co­pho­nie « se dresse contre les ten­dan­ces à l’uni­for­mi­sa­tion du monde en un vaste marché aux pro­duits stan­dar­disés. […] Le déclin des valeurs huma­nis­tes et la montée du matér­ial­isme, le com­por­te­ment hégé­mo­nique des États-Unis, ren­for­cent le besoin de fran­co­pho­nie » (p.51). L’alter­mon­dia­lisme d’État est célébré : « La France a aujourd’hui un rôle moteur à jouer pour mettre en place l’autre mon­dia­li­sa­tion » (p.51). Mais pour­quoi la France devrait-elle jouer ce rôle ? En dehors d’une vague glose huma­niste, les auteurs ne le pré­cisent pas.

Derrière la morale se cachent les intérêts.

Les posi­tions inter­na­tio­na­les du capi­ta­lisme français seraient cer­tai­ne­ment les gran­des béné­fici­aires de cette « autre mon­dia­li­sa­tion », par­ti­cu­liè­rement en Afrique. En 1998, l’Afrique était le troi­sième des­ti­na­taire des pro­duits français, après l’Union europé­enne et les autres pays de l’OCDE (*11). Ce qui valait à la France un excédent com­mer­cial avec les pays afri­cains de 33,5 mil­liards. Le conti­nent afri­cain est tou­jours le ter­rain pri­vilégié de nom­breu­ses mul­ti­na­tio­na­les franç­aises : Totalfina, Bolloré, France Télécom, DAGRIS, Bouygues, Pinault-Printemps-Redoute, BNP, Société géné­rale etc. Cependant, en Afrique « fran­co­phone » les posi­tions hégé­mo­niques de ces grou­pes sont menacées par l’ingér­ence des ins­ti­tu­tions finan­cières inter­na­tio­na­les. Les condi­tion­na­lités exigées avant l’octroi de crédits, à savoir les poli­ti­ques de libé­ra­li­sation ainsi que les consi­gnes de « bonne gou­ver­nance » lors de l’attri­bu­tion des mar­chés publics, se tra­dui­sent par l’arrivée de concur­rents sur des mar­chés qui, depuis la pér­iode colo­niale, rele­vaient du « pré-carré » de l’impér­ial­isme français. Un arti­cle de Marchés tro­pi­caux l’observe à sa manière : « de plus en plus, l’Afrique cher­che à dével­opper ses rela­tions com­mer­cia­les avec un nombre crois­sant de pays, et ce souci de diver­si­fier ses ache­teurs s’expli­que dans le contexte de la mon­dia­li­sa­tion et de l’ouver­ture des mar­chés (*12 ».

La mise en cause des ins­ti­tu­tions finan­cières inter­na­tio­na­les n’est pas seu­le­ment indo­lore pour l’État et les mul­ti­na­tio­na­les français, elle sert direc­te­ment leurs intérêts. Le main­tien de mono­po­les est en jeu. C’est par exem­ple le cas dans la filière coton. En Afrique « fran­co­phone » elle est encore lar­ge­ment contrôlée par des sociétés coton­nières natio­na­les, filia­les de la mul­ti­na­tio­nale franç­aise DAGRIS. Celle-ci a pour prin­ci­pal action­naire l’État français (64,7% du capi­tal) mais aussi le Crédit du Nord, la BNP, l’Union des indus­tries tex­ti­les, la Société géné­rale. Les sociétés coton­nières expor­ta­tri­ces ven­dent à crédit les intrants aux pro­duc­teurs et fixent le prix d’achat du Coton. Ainsi, avant d’être dép­endants du prix inter­na­tio­nal, les pro­duc­teurs, qui en réalité tra­vaillent pour ces sociétés coton­nières, sont soumis aux prix fixés par la DAGRIS asso­ciée aux États afri­cains. Les pre­miers action­nai­res de ces sociétés sont les É tats afri­cains, mais la DAGRIS détient des posi­tions de contrôle mino­ri­taire sur ses filia­les (40% de la CMDT au Mali, 34% de la SOFITEX au Burkina Faso, etc).

Les mono­po­les de ces sociétés devraient dis­pa­raître avec la libé­ra­li­sation de la filière exigée par la Banque mon­diale. Ce mode d’orga­ni­sa­tion « est contesté par la Banque mon­diale qui pré­co­nise que les différ­entes acti­vités soient confiées à des opé­rateurs indép­endants pour un meilleur prix pour le pro­duc­teur et pour réd­uire les char­ges. Cette logi­que de libé­ra­li­sation est suivie par plu­sieurs États d’Afrique fran­co­phone notam­ment en Côte d’Ivoire et au Bénin où le mono­pole des sociétés coton­nières est remis en cause et une partie des acti­vités est confiée au sec­teur privé (*13) ». Le conflit a été vif (et l’est peut être encore) entre la Banque mon­diale et la DAGRIS (et donc l’État français) opposée à la libé­ra­li­sation (*14). La lutte de clas­ses autour de la fixa­tion du prix d’achat, oppo­sant coton­culteurs et sociétés coton­nières, elle aussi peut être vive. Ainsi, les pay­sans maliens ont « décidé fin mai de sus­pen­dre le tra­vail dans les champs pour pro­tes­ter contre la baisse du prix d’achat du coton et leur suren­det­te­ment (*15) ». Au Burkina Faso, la filiale de Dagris a eut recours à une vieille mét­hode patro­nale pour contrer la lutte de clas­ses. Elle a en effet promu un syn­di­cat maison : « Le sou­tien de la SOFITEX a été décisif pour l’émerg­ence de l’Union natio­nale des pro­duc­teurs de coton du Burkina (UNPCB). Il s’expli­que en partie par les posi­tions modérées affi­chées par les res­pon­sa­bles de cette orga­ni­sa­tion, en déca­lage avec l’appro­che plus reven­di­ca­tive et syn­di­cale des lea­ders de la FENOP(*16) ».

Pour main­te­nir ses béné­fices face à la baisse des cours mon­diaux, DAGRIS a intérêt à bais­ser le prix d’achat aux pro­duc­teurs. En même temps, la mul­ti­na­tio­nale franç­aise ne peut se per­met­tre d’exer­cer une trop forte pres­sion, comme l’indi­que Gilles Peltier, son direc­teur général, qui sou­li­gne le risque d’explo­sion sociale ou encore de chan­ge­ment d’acti­vité des pro­duc­teurs (*17). D’où le sou­tien de l’État français à « l’ini­tia­tive afri­caine » dénonçant les sub­ven­tions de l’Europe (Espagne et Grèce) et sur­tout des États-Unis à leurs pro­duc­teurs de coton. Contrairement à la lutte entre pro­duc­teurs et sociétés coton­nières, ce sujet a beau­coup intéressé les médias français. Normal puis­que l’État français sou­tien l’ini­tia­tive. Il est en outre en concur­rence directe avec le coton amé­ricain. L’impér­ial­isme français a su main­te­nir « ses liens pri­vilégiés » avec ses ancien­nes colo­nies, notam­ment à tra­vers les accords de coopé­ration éco­no­mique qui ont accom­pa­gné l’octroi des indép­end­ances. Or ceux-ci sont remis en cause par l’ouver­ture des mar­chés et les poli­ti­ques de libé­ra­li­sation impulsées par les ins­ti­tu­tions finan­cières inter­na­tio­na­les. Est-ce pour conser­ver ces liens pri­vilégiés que Jacques Chirac s’est pro­noncé en faveur d’un « régime com­mer­cial spé­ci­fique (*18) » pour l'Afrique ?

Généralement, l’alter­mon­dia­lisme d’Etat prés­ente l’action de la Banque mon­diale et du FMI de manière mani­ché­enne. Car si cette action est, par bien des aspects, for­te­ment nocive sur le plan social et mérite effec­ti­ve­ment d’être com­bat­tue, elle contient aussi un volet rela­ti­ve­ment posi­tif, mais là encore, nui­si­ble aux intérêts français. Ainsi, ces ins­ti­tu­tions exi­gent par exem­ple l’audit de la SNPC (Société natio­nale du pét­role du Congo). Elles ont éga­lement poussé l’État came­rou­nais à ren­for­cer sa fis­ca­lité fores­tière et sou­hai­tent étendre cette poli­ti­que à l’ensem­ble du bassin fores­tier d’Afrique cen­trale (*19). En outre, l’action néf­aste du FMI et de la Banque mon­diale ne doit pas nous faire oublier les caractér­is­tiques struc­tu­rel­les de la domi­na­tion, dans la conti­nuité de la pér­iode colo­niale : la divi­sion inter­na­tio­nale du tra­vail, le pillage des matières pre­mières, les accords néo­co­loniaux bilatéraux, la main­mise de capi­taux occi­den­taux sur les appa­reils de pro­duc­tion etc.

Sous cou­vert de bons sen­ti­ments et de nobles causes, l’alter­mon­dia­lisme d’État repro­che aux ins­ti­tu­tions finan­cières inter­na­tio­na­les d’être au ser­vice de l’impér­ial­isme concur­rent : « Pierre Duquesne, admi­nis­tra­teur pour la France de la Banque mon­diale et du FMI le reconnaît : "nous avons du mal à peser sur la Banque mon­diale. Celle-ci dis­pose de moyens finan­ciers et de la capa­cité à thés­au­riser. C’est une agence très puis­sante qui a ten­dance à s’impo­ser à ses clients." Et lar­ge­ment imprégnée de l’idéo­logie amé­ric­aine. Les États-Unis sont les pre­miers action­nai­res de la banque (17% du capi­tal), loin devant le Japon. Le fait que le quart des effec­tifs de la Banque mon­diale et du FMI soient amé­ricains, que leur siège soit à Washington, leurs rela­tions étr­oites avec les ONG et les uni­ver­sités amé­ric­aines, mais aussi la pré­do­min­ance de la langue anglaise au sein des deux ins­ti­tu­tions font qu’il existe une influence natu­relle des États-Unis qui, sans conduire à une dét­er­mi­nation de la poli­ti­que, l’oriente néanmoins lar­ge­ment (*20) ». Nul doute qu’une réf­orme des ins­ti­tu­tions finan­cières inter­na­tio­na­les, par exem­ple leur pla­ce­ment sous contrôle de l’ONU reven­di­qué par l’asso­cia­tion citoyen­niste ATTAC, serait à l’avan­tage de l’impér­ial­isme français. On peut conce­voir, sans forcément approu­ver, que cer­tains adhèrent à ce projet de réf­orme. Toutefois, il y a mani­pu­la­tion poli­ti­que lors­que des natio­na­lis­tes le prés­entent comme un projet désintéressé, déc­onnecté des rap­ports de force inter­na­tio­naux, et même comme anti­ca­pi­ta­liste, notam­ment par le biais d’amal­ga­mes : mon­dia­li­sa­tion libé­rale-capi­ta­lisme, impér­ial­isme état­sunien-capi­ta­lisme ou encore ins­ti­tu­tions finan­cières inter­na­tio­na­les-capi­ta­lisme.

Les riva­lités inter-impér­ial­istes ne sont pas can­tonnées à l’Afrique. Il y a sans aucun doute de bonnes rai­sons de com­bat­tre l’Accord de libre éch­ange nord-amé­ricain ainsi que le projet de Zone de libre éch­ange des Amériques (ZLEA) dont béné­ficie l’impér­ial­isme état­sunien. Mais pour l’État français, les bonnes rai­sons sont lucra­ti­ves : « La négoc­iation de la Zone de libre éch­ange des Amériques (ZLEA) prés­ente néanmoins de réels dan­gers pour l’Union europé­enne. Si la ZLEA entre en vigueur avant l’accord d’asso­cia­tion avec le Mercosur, l’Europe perdra d’impor­tan­tes parts de marché en Amérique latine. Elle a déjà fait cette expéri­ence au Mexique, à la suite de la mise en place de l’ALENA : la part de marché de l’Union dans ce pays a reculé de 17% en 1994, à 9% en 1999. »

Ces infor­ma­tions ins­truc­ti­ves pro­vien­nent d’un rap­port d’infor­ma­tion de l’Assemblée natio­nale franç­aise, qui offre un bel exem­ple de l’alter­mon­dia­lisme d’État : « La dém­arche de l’Union europé­enne tra­duit donc un véri­table enga­ge­ment en faveur d’une mon­dia­li­sa­tion orga­nisée dans le sens du droit et de la jus­tice […]. Si l’Union europé­enne ne par­vient pas à par­ta­ger sa concep­tion de la mon­dia­li­sa­tion avec d’autres entités rég­io­nales, les États-Unis pour­ront alors impo­ser leurs pro­pres règles du jeu. […] Or, plus les Américains réus­siront à impo­ser leurs normes en matière com­mer­ciale sur de vastes ensem­bles rég­ionaux, plus il sera dif­fi­cile pour l’Europe de trou­ver des alliés à l’OMC pour déf­endre des valeurs essen­tiel­les pour la cohésion des sociétés. Le projet de mon­dia­li­sa­tion déf­endue par l’Union europé­enne est donc en concur­rence avec celui déf­endu par les États-Unis (*21) ».

L’alter­mon­dia­lisme d’État res­sem­ble à « la pro­pa­gande d’agi­ta­tion (*22) » dont se ser­vent par­fois les États, une pro­pa­gande fort utile en ces temps d’inten­si­fi­ca­tion de la concur­rence et de guerre com­mer­ciale entre les États-Unis et l’Union europé­enne (*23). Dans L’Empire amé­ricain, Claude Julien, ancien direc­teur du Monde diplo­ma­ti­que, expli­quait à propos des États-Unis com­ment « une mys­ti­que inter­na­tio­na­liste devient l’alibi d’une poli­ti­que stric­te­ment natio­na­liste (*24) ». Claude Julien connais­sait le sujet. Car si cette phrase s’appli­que bien sûr aux États-Unis, elle vaut éga­lement pour l’État français ainsi que pour la ligne édi­tor­iale du Monde diplo­ma­ti­que. L’alter­mon­dia­lisme d’État n’est ni de droite ni de gauche. Il est le pro­duit de l’Etat et se place, de manière gaul­lienne, au-dessus des partis. En pre­nant le masque de la dis­si­dence et de l’inter­na­tio­na­lisme, il est aussi une mys­ti­fi­ca­tion, une arme idéo­lo­gique dans la vaste confron­ta­tion inter-impér­ial­iste. S’il ne s’agit pas de dénigrer l’ensem­ble du mou­ve­ment alter­mon­dia­liste, dont les aspects posi­tifs sont nom­breux, il importe d’en cerner les limi­tes et d’iden­ti­fier les intérêts et les enjeux tapis der­rière cer­tai­nes envolées lyri­ques. Un autre monde est pos­si­ble, à condi­tion d’éviter ou de dép­asser l’écueil d’une agi­ta­tion d'Etat.

Nicholas Barto, le 05.10.03.


-- NOTES --
 
1 - L’expres­sion est celle d’un haut gradé : général Loup Francart, La guerre du sens. Pourquoi et com­ment agir dans les champs psy­cho­lo­gi­ques, Economica, 2000.

2 - Bruno Delaye occupa cette fonc­tion au cours du géno­cide rwan­dais. Lire Jean-Paul Gouteux, La nuit rwan­daise, L’impli­ca­tion franç­aise dans le der­nier géno­cide du siècle, p.484.

3 - Anne-Cécile Robert, « Emergence d’une voix afri­caine », Le Monde diplo­ma­ti­que, février 2003.

4 - Comi Toulabor, « Introuvable société civile pana­fri­caine », Marchés tro­pi­caux n°3000, 9 mai 2003.

5 - Christelle Marrot, « L’influence franç­aise au cœur de la confér­ence du HCCI », Marchés tro­pi­caux, 27 sep­tem­bre 2002.

6 - Commission des affai­res étrangères, compte rendu n°35, 25 avril 2000.

7 - Ibid.

8 - Xavier Moulinot, « Concilier mon­dia­li­sa­tion et dével­op­pement ? », Marchés tro­pi­caux, 27 juillet 2001.

9 - Organisation où pul­lu­lent les ban­quiers de diver­ses natio­na­lités europé­ennes. Sa sec­tion franç­aise est coprésidée par Jean Deflassieux, pré­sident hono­raire du Crédit Lyonnais, ancien pré­sident de la Banque des éch­anges inter­na­tio­naux et membre fon­da­teur de l’asso­cia­tion « Les Amis du Monde Diplomatique ». Autre membre fon­da­teur des AMD, Roger Lesgards , ancien direc­teur de cabi­net au ministère de la Communication.

10 - Noir Silence, Qui arrê­tera la Françafrique, Les Arènes, 2000, p.407

11 - Jacques Alibert, « Le com­merce extérieur de la France avec l’Afrique en 1998 », Marchés tro­pi­caux, 31 déc­embre 1999.

12 - Ibid.

13 - Alain Bonnassieux, « Libéralisation de la filière coton et affir­ma­tion d’une élite pay­sanne au Burkina Faso », dans Afrique des réseaux et mon­dia­li­sa­tion, Karthala, 2003, p.51.

14 - « Contresens et contre-vérités sur les filières coto­nières afri­cai­nes », Marchés tro­pi­caux, 17 juillet 1998. Cet arti­cle anti- libé­ra­li­sation est une rép­onse à un rap­port de la Banque mon­diale.

15 - Marchés tro­pi­caux, 17 novem­bre 2000.

16 - Alain Bonnassieux, Libéralisation, op.cit., p.50.

17 - « Coton : Dagris en quête de par­ti­ci­pa­tions majo­ri­tai­res », Marchés tro­pi­caux, 11 juillet 2003.

18 - « TICAD III : M. Chirac plaide pour un nou­veau type de com­merce avec l’Afrique », AFP, 29 sep­tem­bre 2003.

19 - Christian d’Alayer, « Rentabilité oblige », Jeune Afrique/L’intel­li­gent, n°2225.

20 - Christelle Marot, L’influence franç­aise, op.cit.

21 - Rapport d’infor­ma­tion déposé par la délé­gation de l’Assemblée natio­nale pour l’Union europé­enne, sur les rela­tions avec les entités rég­io­nales, 28 juin 2001.

22 - Lire Jacques Ellul, Propagandes, Economica, 1962.

23 - Lire « Les différe­nds com­mer­ciaux entre États-Unis et Union Européenne », Le com­merce mon­dial, La docu­men­ta­tion franç­aise, novem­bre-déc­embre 2000.

24 - Claude Julien, L’Empire amé­ricain, Grasset, 1968, p.12.

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